Expérience : championnats de France 1ere Division 2008

Quelle expédition pour arriver à bon port ! Air France nous a réservés une promenade de santé inattendue : passage par Marseille, après deux tentatives d’atterrissage infructueuses sur Toulon eu égard aux conditions atmosphériques – bonjour les sensations. Oh la la ! La peur de subir un ippon, oh combien, prématuré. Mais voilà ! La préparation mentale de chacun était au top niveau. Cet incident a pu être rapidement rangé au statut d’anecdote savoureuse, permettant de se faire, au retour, un peu mousser auprès des amis.

Le lendemain, samedi, l’équipe est à pied d’œuvre. Les compétiteurs du jour : Adrien, Pinpin pour les intimes, en +100 kg, chez les hommes et Céline, dite Cécé, en -52 kg chez les filles, sont dans les starting-blocs, copieusement encouragés par le reste du groupe. Adrien s’offre, nous offre une très belle place de 3ème, médaille de bronze dans cette catégorie si impressionnante. Cécé finit 9ème, sans avoir démérité, loin de là.

Le lendemain, dimanche, entrée en lice de Guillaume, -66 kg, chez les hommes, de Stéphanie, en -70 kg et d’Aurélie, en -78 kg, chez les filles. Guillaume et Stéphanie n’ont pas voulu abandonner Céline à son résultat de la veille. C’est la raison pour laquelle ils ont réussi, l’un et l’autre, à se faire attribuer, eux aussi et non sans talent, la 9ème place. Qui doutera, maintenant, des qualités de solidarité au sein du club de Sucy ? Pendant ce temps Aurélie, elle, se singularisait en prenant la 7ème place de sa catégorie.

Nous ramenons, aussi, de Toulon, une médaille d’or, celle bien méritée que nous décernons, sans hésitation, à notre team de supporters, emmenée avec maestria par la « De Brugada family ». Une médaille d’équipe, comme il se doit, puisque le groupe familial est composé de Jacques, le père, Josette, la mère, Clément, le fils et Amandine, sa petite sœur. Ils étaient accompagnés de Rodrigue et de sa femme. Tous des « ouf » de Judo. Nos assauts sont scandés par les « excellent-ça » chers à notre coach préféré. J’ai nommé Stéphane, si vigilant à nous entourer et à nous prodiguer les conseils qui nous « tiennent, précieusement, en haleine » tout au long des duels. Et ses consignes fusent, encore, dans nos têtes : « allez, allez, fais-toi plaisir », « de l’envie », « du judo, ton judo », « joue au judo », « clic, mets-toi en pilotage automatique » « t’es là chez toi », « allez sur le tapis rouge, tu rentres, tu es chez toi », « là, c’est toi le patron ». Je crois bien que ces mots tapissent ma vie, bien au-delà, du judo.

Merci, Stéphane. Jean-Claude, notre président, est là pour nous couvrir de sa bienveillante sollicitude. Sa femme Akila, commissaire sportive, donne de la voix – et quelle voix – tout au long de l’épreuve, pour appeler les concurrents. Philippe, notre directeur sportif, apprécie en expert nos performances. Que nous reste-t-il, au-delà des résultats, de ce moment-phare ? Une formidable impression de constituer un groupe, une famille. Chacun est à sa place, chacun porte le groupe. Chacun a envie de se dépasser, autant pour lui-même que pour l’équipe. Nous partageons, tous, une passion : celle d’un sport, oh combien, impliquant et exigeant. Cette passion nous fait vivre, cette passion me fait vivre, une formidable aventure humaine. Une telle manifestation nous permet, une nouvelle fois et avec plus d’acuité, d’en prendre la vraie mesure. Nous partageons les mêmes valeurs : rigueur, discipline, engagement, joie et plaisir ; des ingrédients pour progresser et pour se sentir pleinement vivants. Une telle expérience, c’est l’occasion, pour moi, de me sentir boostée, l’occasion de reconstituer mon stock d’énergie, l’énergie pour affronter, avec un enthousiasme renouvelé, non seulement les entraînements et les compétitions à venir, mais aussi, tous les prochains combats de ma vie. Un grand merci à chacun.

Un grand merci au judo, le vrai grand gagnant de ce week-end. Un gagnant qui a le talent de nous faire recontacter, chaque fois, à nous ses adeptes, le plaisir d’aller explorer au plus profond de nous-mêmes et l’envie d’être en vie.

Aurélie Javault